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[Critique] La mule, Eastwood intimiste

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Clint Eastwood signe avec La Mule son retour devant la caméra pour la première fois depuis Gran Torino. L’acteur enfile également une nouvelle fois la casquette de réalisateur et confirme son intérêt pour les faits divers puisque tout comme 15h17 pour Paris, le cinéaste s’intéresse avec La Mule à une histoire vraie. Après dix ans d’absence devant la caméra, l’homme aux mille visages est de retour. Que vaut La Mule ? Réponse dans la suite de l’article.

L’histoire

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Entre la police, les hommes de main du cartel et les fantômes du passé menaçant de le rattraper, Earl est désormais lancé dans une vertigineuse course contre la montre.

La Mule, la critique !

À 88 ans Clint Eastwood fait donc son retour devant la caméra, mais aussi derrière. Pour ce nouveau film, l’acteur a su s’entourer d’un casting fort. Bradley Cooper et Michael Peña incarnent deux agents de la DEA cherchant à stopper le cartel pour lequel travail Earl, le personnage d’Eastwood. Laurence Fishburne enfile le costume du patron dirigeant la branche de la DEA ou le personnage de Cooper est muté au début du film. Dianne West, Taissa Farmiga et Alison Eastwood incarne les trois femmes de la vie de Earl, sa femme, sa petite fille et sa fille. Avec La Mule Eastwood signe un long métrage intimiste dramatique, mais aussi comique. Cette fois l’octogénaire s’attarde sur la question de la vieillesse, la famille et de la trace que l’on laisse une fois notre vie terminé. Si l’histoire du film nous raconte comment ce vieil homme s’est retrouvé mêlé à un cartel de drogue, on comprendra assez aisément qu’Eastwood installe un sous texte tournant autour de sa carrière et de lui-même. Earl est une représentation d’Eastwood, personnage qui se débarrasse au cours du film de ses étiquettes de charmeur, misogynes et racistes. Des adjectifs que l’on a souvent donnés à Clint Eastwood durant sa longue carrière. Avec La Mule, on comprend que le réalisateur a pris du recul sur son oeuvre, il n’est plus seulement celui qui incarnait de grands personnages et réalisait de grands films, il est aussi devenu un homme capable de prendre du recul sur sa vie.

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Le bilan qu’il en dresse à travers le personnage est assez touchant et triste, regardant le monde qui l’entoure et les années qui le rattrapent, mais aussi regardant une dernière fois vers sa gloire passée. Peut-être faut il voir en La Mule une oeuvre d’héritage pour Eastwood. Le film fonctionne en parti parce que le personnage de Earl est suffisamment bien construit pour que l’on s’y attache. On éprouve de l’empathie pour cet homme qui au fur et à mesure que le film avance répare ses erreurs tout en étant en train de réaliser la plus grosse erreur de sa vie. Le film questionne sans arrêt notre capacité à faire les mauvais choix en sachant qu’ils sont mauvais. L’humour du film est subtile et renforce l’aspect dramatique de la situation, La Mule est sans aucun doute plus juste et moins factice dans la fabrication d’émotions que ne l’était Gran Torino.

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On regrettera toutefois que l’intrigue policière portée par Bradley Cooper, Peña et Fishburne soient tellement mise en second plan que l’on éprouve jamais réellement de crainte pour Earl. Les trois agents de la DEA ne sont pas suffisamment travaillés pour être intéressant, on ne comprend pas vraiment les ambitions de Cooper, qui semble seulement n’être motivé qu’à partir loin de cette ville. Malgré tout, le peu de scènes ou Cooper et Eastwood partagent l’écran sont vraiment réussies, notamment car la finesse du scénario est mise en valeur par l’interprétation des deux acteurs. Finalement, mettre en retrait l’aspect policier du film, apporte une certaine pudeur au film qui le rend probablement meilleur. Il aurait sans doute été très différent si l’on avait suivi plus profondément l’histoire des agents. Au niveau de la mise en scène, Eastwood est cohérent avec ce qu’il raconte et propose quelque chose de très sobre, épuré presque timide. C’est toute la tendresse et la sensibilité qui s’exprime à travers une mise en scène suffisamment sobre pour nous toucher. Les interactions entre Earl et le cartel de drogue ne sont intéressantes uniquement parce qu’elles mettent en avant le caractère doux et touchant du personnage d’Earl. Les séquences plus classiques de menaces ou d’intimidations fonctionnent moins bien que le reste, notamment parce qu’elles dénotent avec la simplicité du long métrage.

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Mon avis sur La Mule

La Mule ne restera pas dans les mémoires comme une oeuvre majeure de la filmographie d’Eastwood. Néanmoins, le film trouvera une certaine importance dans le parcours du cinéaste. Il propose une histoire touchante, drôle et tout en simplicité, mais aussi et surtout, car il sonne comme une dernière pièce de l’héritage d’Eastwood.

Ma note : 3/5 !

 

[Critique] La mule, Eastwood intimiste
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About Anthony Corbelli

Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine... Un jeune passionné de cinéma, de jeux vidéos et de culture geek.

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