[Critique] Été 85 : Ozon en eaux pures

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Voici ma critique du film Été 85 de François Ozon.

SYNOPSIS :

L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans.

Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves.

Mais le rêve durera-t-il plus qu’un été ? L’été 85…

Été 85, la critique

Ozon ose – on nous pardonnera cette facilité de jeu de mot – un retour à ses sources, ses premiers courts et longs-métrages ainsi que ses chers thèmes et ambiances que constituent la mer, les plages, les amours homosexuels… On croirait voir dans son dernier film des scènes tout droit sorties de ses premiers tels qu’Une robe d’été, Regarde la mer, Sous le sable. Pour lui, un terrain – de sable et d’écumes – conquis. D’ailleurs, lui-même ne s’en cache pas et sème dans son Été 85 des clins d’œil filmographiques parfois à ses premières pellicules (la preuve en affichant, lors d’une scène de shopping de ses deux héros, une robe d’été bleue à fleurs rouges et jaunes du court métrage éponyme Une robe d’été qui l’aura fait connaître vingt-cinq ans auparavant). C’est sûr, François Ozon connaît ses classiques dont certains sont les siens et, pour nous qui le suivons depuis des années, on ne peut que se réjouir de son dernier film qui, s’il n’est pas le plus marquant de sa filmographie (surtout sortant après l’excellent Grâce à Dieu l’an dernier), évolue dans un univers que connaît et maîtrise son auteur.

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Adapté d’un roman anglais d’Aidan Chambers publié en 82, Danse on my grave, que François Ozon a lu à cette époque et qui l’a en partie inspiré à devenir réalisateur, voilà maintenant trente-cinq ans, ce film laisse heureusement de côté l’aspect homosexuel pour parler simplement d’une histoire de premiers amours adolescents, de joie et de tragédie, de légèreté et de deuil, puis d’acceptation et de maturité. Une histoire pure et universelle qui raisonne en nous. Le récit souffre parfois de petites longueurs (doux euphémisme) et d’un côté trop lisse et romanesque un brin artificiel dans sa première partie (sûrement voulu car raconté du point de vue sublimé d’un des garçons, avec ses yeux naïfs et amoureux), de flash-backs insistants pour préparer un final au tribunal pas si renversant. Mais dans sa forme, ledit récit se laisse apprécier par une reconstitution en super 16 léchée d’un été des années 80 en Normandie, en ambiance et en vêtements, par une BO qui vous transporte, par quelques scènes anthologiques (dont celle bouleversante, attendue et pourtant sublime, de la danse sur la tombe, sur I am sailing de Rod Stewart par un Félix Lefebvre emporté qui pourrait bien lui valoir le César du meilleur espoir, chanson elle-même suggérée par l’acteur au réalisateur). Et puis, justement et surtout, par deux comédiens principaux sur qui le cinéma français peut désormais compter.

Été 85, mon avis :

François Ozon est un artiste qui sait se renouveler, sait mener un récit et sait diriger ses comédiens. Son Été 85 n’est peut-être pas aussi grandiose que d’autres titres de sa filmographie, mais assurément l’un des plus attachants. Et comme c’est un récit avec une part très personnelle de son réalisateur, c’est ce qu’il dit, on ne peut que penser à cet autre film dans la même nostalgie de ces années passées dépeignant une France d’avant, également très personnel pour son réalisateur avec pour même thème les premiers amours homosexuels entre adolescents, leur éveil, qu’était Les roseaux sauvages de Téchiné sorti en 94. On souhaite à François Ozon le même trophée remporté pour ce film par Téchiné : un César du meilleur réalisateur. Après cinq nominations et autant pour ses films au titre du César du meilleur film : il serait grand temps !

Ma note : 4/5

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