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Flamboyante et grisante, l’exposition « David Bowie Is » est une réussite totale

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A l’annonce de l’arrivée à Paris de l’exposition « David Bowie Is », je me souviens être devenu complètement fou, enchainant les bonds partout dans mon appartement. Déçu de ne pas découvrir l’étape initiale à Londres au Victoria and Albert Museum London en 2013, l’occasion était trop belle de rattraper ce manque impardonnable dans ma culture Bowienne. L’exposition se clôture ce dimanche 31 mai, c’était aujourd’hui ou jamais. Résultat: 3h à fureter entre tous les documents, regardant tout, écoutant tout, prenant des photos (interdites mais Fuck). Ce samedi 30 mai restera à jamais gravé dans ma mémoire.

Je peux modestement me définir comme un Expert en Bowie, fan hardcore, exégète convaincu, archiviste chevronné. Tous les albums, tous les films, un concert en 2004 à Bercy, le Thin White Duke m’a toujours fasciné par sa boulimie artistique et son foisonnement de références culturelles. Loin d’être seul à suivre les aventures du chanteur à la pupille dilatée (et non pas aux yeux vairons, désolé!), l’assistance était nombreuse pour l’avant-dernière journée de l’évènement. Mais j’ai tout de même pu évoluer à l’aise sans me sentir trop collé aux murs. Un bon point. Les allez sont vastes, les références sont encyclopédiques, je peux le dire aisément: cette exposition est une réussite totale.

La Philharmonie de Paris est un édifice somptueux, à découvrir absolument comme vous le montreront les quelques clichés pris sous le ciel bleu parisien. La bâtisse prend le pas sur la Cité de la musique voisine, hôte jusqu’à peu des grandes expositions Rock’n’Roll. Europunk, Dylan, Musique et cinéma, Pink Floyd, Jimi Hendrix John Lennon, Serge Gainsbourg, Miles Davis, aucune ne m’a échappé. Je garde un souvenir ému de tous ces moments musicaux encyclopédiques. Je suis du genre à m’intéresser au micro-détail de la pochette japonaise d’une chanson s’inspirant de Charlemagne. Un mordu total. Un fou furieux.

Si mon diplôme est plutôt certifié en sciences Pink Floydiennes, David Bowie arrive juste derrière. Mordu je suis, et je me souviens d’une expo vue à Londres, à Barbican exactement, où je découvris mes premiers émois Bowiens en 2001. David Bowie est un personnage. David Jones de son vrai nom, il se changea en Bowie pour éviter l’homonymie avec le chanteur des Moonkees. Génie, falsificateur, copiteur, opportuniste, précurseur ou danseur du ventre, il agace ou émerveille. Il comprit dés ses 17 ans que sa personne n’était rien, seuls compteraient les personnages qu’il interpréterait. Et il y en aura beaucoup. Major Tom, Ziggy Stardust, Aladdin Sane, Halloween Jack, Nathan Adler… Bowie invente, se transforme et donne vie à des icônes Rock éternelles.

Et comme il a toujours su anticiper les modes, années 80 exceptées, son avant-gardisme résiste au temps et lui assure l’immortalité. Début des années 70, il personnifie le Glam Rock androgyne, avant de réinventer la Soul Américain avec « Young Americans », puis il pose les fondements de la new wave avec sa trilogie berlinoise. Sa période années 70 est pour moi d’une perfection vertigineuse, il marchait sur l’eau. Et comme je suis aussi fan de Modern Love, China Girl ou Let’s Dance (« put on your red shoes and dance the blues » reste pour moi la phrase ultime de sa carrière), les années 80 ne déméritent pas non plus. La suite sera d’un même acabit avec un dernier « The Next Day » plus impressionnant médiatiquement qu’artistiquement (aucune news n’avait filtré, surprise et réussite totale).

David Bowie, c’est des albums remplis de chansons marquantes. Depuis Space Oddity, en passant par Starman, Heroes ou Ashes to Ashes, le bestiaux a su produire une discographie pléthorique à travers 25 albums studios, une multitude de lives et des clips en rafale. L’exposition offre un voyage féérique à travers les différentes époques, fournissant des informations qui intéresseront tout autant les béotiens que les spécialistes chevronnés.J’ai moi-même découvert deux pépites. Une version démo folk de Space Oddity et une version live au Saturday Night Live de The Man who sold the World en version Berlin années 30 avec Klaus Nomi dans les choeurs. Sans parler des extraits d’émissions télé, des posters, des costumes mythiques et du caniche empaillé.

Seul manque à cette exposition, annexe ou impardonnable c’est selon, très peu de prestations live de Bowie alors que c’est bien connu, David Bowie se réinvente toujours et surtout sur scène, avec des prestations marquantes. La mort fantasmatique de Ziggy Stardust le 3 juillet 1973 sur la scène de l’Hammersmith Odéon à la fin de Rock’n’Roll Suicide, les concerts période Thin White Duke en gilet/pantalon noir et chemise blanche, la pharaonique tournée Serious Moonlight, David Bowie se livre totalement on stage. Une crise cardiaque en 2004 et l’angioplastie afférente ont mis un terme à ses nombreuses prestations. Le souvenir d’un concert monstrueusement parfait en 2004 lors du Reality Tour restera à jamais gravé dans mon esprit.

Que dire de plus? Après un récent revival AC/DC, je me suis replongé avec délectation dans l’immense carrière d’un artiste majeur du XXe siècle. Perfectionniste en diable, découvreur de tendances, artiste complet, David Bowie reste pour moi une référence majeure du Rock. Un diamant brut, un génie accompli, un exemple pour tous les nouveaux artistes. Et cette exposition lui rend un hommage homérique. 3 heures de visite suffirent tout juste à m’en faire faire le tour, j’en aurais bien refait un ou deux…

Stanislas Claude (211 Posts)

Critique de cinéma sur CulturAddict, le site culture qui monte, car la culture est une drogue dure et sur Publik'Art. Passionné par la mode et ouvert sur le monde du Gentleman Moderne


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