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La Isla Minima. La loi passe à l’étuve du cinéma espagnol, putride et incandescent

La isla minima

Raz de marée aux Goyas, l’équivalent espagnol des Césars, La Isla Minima est un thriller tendu et désertique. Pendant ibérique de True Detective, il voit deux inspecteurs évoluer difficilement sur une affaire scabreuse dans l’arrière pays andalou, en pleine période post franquiste. Les réminiscences de la lutte intestine entre partisans du Caudillo et opposants pollue l’atmosphère et ajoute une dimension sociale assez intéressante. La bande annonce est palpitante, le film est moins rythmé, quitte à s’embourber quelque peu dans les marais locaux. Ce qui ne gâche pas l’ambiance poisseuse du long métrage, volontairement essoufflé et suffoquant.

Deux jeunes filles ont disparu dans un petit village andalou à quelques jours des fêtes locales. L’enquête dévoile des moeurs locales particulières et les deux inspecteurs apprennent à mieux se connaitre, allant au-delà des rumeur les concernant. Tandis que l’enquête avance, le noeud se resserre autour d’un suspect potentiel.

featured_la-isla-minimaLe thriller est pesant, une chape de plomb invisible accable les personnages. Le poids de l’Histoire, le vent du changement et les histoires enfouies qui ressurgissent minent leur chemin. Deux inspecteurs, deux caractères, un antagonisme qu’un respect tout professionnel permet de tenir à distance pour ne pas entraver l’enquête. Le franquisme tout juste finissant semble perdurer dans les esprits et reste ancré dans les esprits. Les moeurs en sont toujours empruntes, la corruption perdure et les langues ne se délient pas facilement. Quant aux méthodes d’interrogatoire, l’ancien régime les permettait musclées, les mauvaises habitudes sont tenaces…

La-Isla-MinimaLes images sont extrêmement travaillées, les paysages marécageux illustrent le noeud de l’enquête, le réalisateur Alberto Rodriguez soigne l’esthétique, lui donnant une dimension hypnotique pour une enquête sans issues. Les plans sur le soleil couchant, les paysages locaux et les étendues marécageuses sont fascinants. Les acteurs sont sobres et prénétrants, l’intrigue aiguise la curiosité. J’attendais Antonio de la Torre, il n’a qu’un rôle somme toute mineur, dommage, je l’aurais bien vu accrocher la caméra comme dans Balada Triste.

L’époque loue la qualité esthétique et scénaristique de True Detective, ce parallèle est tout à l’honneur de La Isla Minima. Je regarde le début de la seconde saison, je suis accro et sérieusement dépendant. Les faux airs sont légion dans cette enquête macabre avec des personnages aux contours flous et aux côtés obscurs nombreux. Pas de manichéisme, juste la loi et l’envers de la loi, les faiblesses de l’esprit humain et les démons qui les tiraillent. Pas d’anges en vue, juste un purgatoire dantesque sans absolution.

Un thriller espagnol atypique que je recommande, pour l’image et l’ambiance si particulières. Et puis jetez vous sur les aventures de Matthew McConaughey et Woody Harrelson, voire celles de Colin Farrell et Raceh McAdams, c’est du même acabit!

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Stanislas Claude (213 Posts)

Critique de cinéma sur CulturAddict, le site culture qui monte, car la culture est une drogue dure et sur Publik'Art. Passionné par la mode et ouvert sur le monde du Gentleman Moderne


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