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Critique du film Strictly Criminal

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La bande annonce de Strictly Criminal tourne en boucle sur les réseaux sociaux depuis quelques mois. La transformation physique de Johnny Depp alimente les débats et a fait naitre les espoirs les plus fous. Et s’il parvenait à se hisser au niveau de Robert de Niro dans les films du maitre Scorsese? Promesses d’action et de suspense, d’aventures violentes et glaçantes, la foule attendait un nouveau Donnie Brasco avec un Johnny au top. Malheureusement, Scott Cooper n’est ni Mike Newell ni Martin Scorsese…

 

critique-Strictly-Criminal-filmJohnny Depp revêt les costumes du baron de la pègre James « Whitey » Bulger jusqu’à sa calvitie, ses yeux bleus et ses chicots. Attitude d’irlandais attaché aux valeurs familiales et ne plaçant sa confiance que dans les personnes issues de sa communauté. Lorsque le FBI lui propose une alliance pour faire tomber la mafia italienne, Jimmy renâcle par peur de passer pour un vulgaire informateur mais accepte le deal avec son ami d’enfance John Connelly devenu agent fédéral. L’emprise de Jimmy sur les trafics locaux est totale et fait naitre des soupçons.

La carrière de Scott Cooper commençait idéalement avec un Crazy Heart émouvant et puissant, la statuette dorée en plus pour l’impeccable prestation d’un Jeff Bridges sorti de l’oubli. Puis ça se gâtait légèrement avec Les brasiers de la colère. Malgré un casting 3 étoiles comprenant Christian Bale, Woody Harrelson et Casey Affleck, le film ne décollait jamais vraiment vers une atmosphère prenante de film noir. La faute à une mise en scène sans relief et à des plans trop classiques. Strictly Criminal pointe le bout de son nez avec une bande annonce rythmée laissant espérer un film tendu, sur le fil du rasoir et sans concessions. De la musique Punchy, des répliques qui claquent, une histoire de criminels sans remords et prêts à tout pour régner, quitte à faire couler le sang.

Mais là où la bande annonce annonçait un film monté sur ressorts, les 2 heures de projection semblent un peu trop souvent passer au ralenti. La mise en scène minimaliste amoindrit la portée d’une histoire véridique qui a fait la une des journaux américains. Imaginez plutôt, un parrain irlandais qui dame le pion à la Cosa Nostra avec la bénédiction des agents fédéraux, il n’y a qu’aux Etats-Unis qu’une telle histoire est possible. Johnny Depp adopte l’attitude et le physique de Bulger, dispensant ses répliques avec une voix trainante qui glace le sang. A ses côtés, le vrai héros du film est l’agent John Connelly interprété par Joel Edgerton. Perpétuellement en train de rouler des mécaniques, il convainc ses supérieurs de lui laisser les mains libres pour gérer la pègre.

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En matière de films de gangsters, le maitre étalon s’appelle Martin Scorsese. Toute fresque comprenant un ou plusieurs mafieux se verra automatiquement comparée à Casino ou aux Affranchis. La mise en scène pétaradante alliée à des dialogues cultes ont fait de Scorsese un incontournable des films de mafia. Et là où Martin instille un rythme de Cadillac en flammes dévalant à toute berzingue sur l’autoroute, Steve Cooper semble garder constamment le pied sur le frein pour ne pas louper le prochain virage. Joel Edgerton et Johnny Depp en font des caisses mais ni la mise en scène ni les autres participants ne parviennent à suivre. Une impression de nonchalance sape les effets du film et l’empêchent de décoller. Quant à Johnny Depp, j’avoue que sa transformation physique est plus risible que crédible. Ses yeux bleus fixés sur la caméra font surtout apparaitre ses belles lentilles et ne parviennent jamais à glacer le spectateur.

 

Tant de promesses pour un film manquant finalement de nerf, c’est bien dommage. Je m’étais fait le défenseur du film face à ceux qui étaient sortis déçus des premières projections presse. Je m’en vais rejoindre leur troupeau, passablement refroidi par un film qui ne parvient jamais à faire vibrer. Sans folie ni extravagance, le film se contente d’être sage et c’est bien dommage.

Voici la bande annonce :

Stanislas Claude (206 Posts)

Critique de cinéma sur CulturAddict, le site culture qui monte, car la culture est une drogue dure et sur Publik'Art. Passionné par la mode et ouvert sur le monde du Gentleman Moderne


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