Pablo Escobar fut le parrain de la drogue par excellence, auréolé d’une aura de mystère et d’une légende de Robin des Bois. Personnage bigger than life, il fallait bien toute la science de Benicio Del Toro pour l’incarner à l’écran. Acteur charismatique, avec une vraie gueule et une présence oppressante, il habite le Padrino colombien avec une maestria bluffante. Seulement, le film ne tourne pas autour de lui et laisse la part belle à un Josh Hutchinson bien minot pour ce rôle. Le film en devient assez bancal et ses cavalcades ne bluffent personne. Film à deux visages, sa portée en est considérablement amoindrie.
Le jeune Nick découvre la Colombie avec son frère. L’endroit paradisiaque où ils s’établissent n’a pourtant que les apparences d’un havre de paix. Les petits brigands et les grands truands font régner la loi du plus fort. Harcelé par les premiers, pris sous son aile par le grand Pablo, Nick va découvrir l’envers du décor de ce paradis perdu.
Croyez tous ceux qui vous diront que Benicio del Toro est un acteur fabuleux. Dans chacun des films où il apparait, il vole la vedette, s’installe sur un piédestal et livre des prestations grandioses. Les plus persifleurs rappelleront qu’il joue souvent le même rôle avec d’infimes variations. Peut-être. Mais il ne m’a jamais déçu. Faisons les comptes. Homme de main cruel et sans pitié dans « Savages », Flic incorruptibles dans « Traffic », héros de la révolution dans « Che », Timbré dans « Jimmy P », il ne laisse la place à personne d’autre. Sa voix délicatement susurrée, son visage de boxeur, son regard de biais, l’acteur est un personnage en lui-même.
En Pablo, il incarne sans mal la grandeur du muchachos et la démesure du parrain. L’argent rend fou et aveugle, Pablo n’échappe pas à la règle en menant une fuite en avant qui le mènera à la case prison. Les petits apartés de Benicio font passer sans mal le message : un ordre ne se discute pas et ne comprend aucune tergiversation, quitte à condamner les siens. En bref, Benicio est l’attraction principale du film. Mais contrairement à « Savages » ou « Che », les autres protagonistes ne sont pas vraiment au niveau.

Le jeune Nick est pris sous son aile par le vieux sage Escobar par la grâce de l’amour du premier pour la nièce du second. L’angélisme laisse percer de ci de là les intentions cachées du parrain. Il accepte cette relation et fait mine de s’en réjouir. On sent tout de même que Pablo n’hésitera pas à tenter le coup tordu à la première occasion en fonction de ses intérêts. Voilà le nœud de l’intrigue, ça peut en faire un film, même si limité. Restera toujours ce visage hypnotique. Rien que pour ça, Paradise Lost mérite le déplacement pour admirer la performance.
Ma note : 3/5
En salle le 05 novembre 2014, voici la bande annonce de Paradise Lost :
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